1 - La protection

 

1. Objectifs


A la fin de cette partie, vous serez capable de :
• Supprimer ou écarter un danger pour assurer votre protection, celle de la victime ou des autres personnes.
• Réaliser un dégagement d’urgence d’une victime exposée à un danger que vous ne pouvez pas supprimer.
• Identifier les signaux d’alerte aux populations et indiquer les mesures de protection à prendre pour vous et votre entourage.

 

2. Situation


La victime est exposée à un danger.

3. Définition


Une victime, le sauveteur et/ou toute autre personne menacée par un danger doivent en être protégés. Si la protection n’est pas réalisable, la victime doit être dégagée d’urgence à condition que la propre sécurité du sauveteur soit assurée.

Il existe trois circonstances :
• Le danger initial ayant provoqué l’accident peut persister ;
• La situation peut s’aggraver ;
• L’accident peut lui-même être générateur de danger.

4. Conduite à tenir


4.1 Reconnaître les dangers

• Effectuer une approche prudente de la zone de l’accident ;
• En restant à distance de la victime, regarder tout autour d’elle :
- Evaluer la présence de dangers qui peuvent menacer le sauveteur et/ou la victime ;
- Repérer les personnes qui pourraient être exposées aux dangers identifiés.
• Se renseigner éventuellement auprès de témoins.

4.2 Protéger
• Quand cela est possible, supprimer immédiatement et de façon permanente les dangers environnants pour protéger le sauveteur, la victime et les autres personnes, notamment du suraccident ;
• Délimiter clairement, largement et visiblement la zone de danger et empêcher toute intrusion dans cette zone.

Pour réaliser la protection, utiliser tous les moyens matériels dont on peut disposer et s’assurer si besoin du concours de toute personne apte qui pourrait apporter une aide dans la mise en oeuvre de cette protection.

4.3 Dégager d’urgence la victime de la zone de danger en toute sécurité
Devant l’impossibilité de supprimer le danger et si la victime est incapable de se soustraire elle-même au danger.


• Dégager la victime le plus rapidement possible.

La priorité du sauveteur est de se protéger.

La victime doit être visible, facile à atteindre, et aucune entrave ne doit l’immobiliser ou gêner son dégagement.
Il est essentiel que le sauveteur anticipe ce qu’il va faire et qu’il privilégie le chemin le plus sûr et le plus rapide à l’aller comme au retour.

La victime doit être dégagée vers un endroit suffisamment éloigné du danger et de ses conséquences.

Le sauveteur doit, pour ce dégagement, respecter les principes suivants :


• Choisir la technique de dégagement en tenant compte de sa force physique ;


• Saisir solidement la victime par exemple par les poignets ou les chevilles et la tirer sur le sol, quelle que soit sa position, jusqu'à ce qu’elle soit en lieu sûr (fig. 1.1) ;


• Se faire aider éventuellement par une autre personne.

 

           
FIG. 1.1 – Dégagements d’urgence


La rapidité de mise en oeuvre du dégagement reste prioritaire.

Le dégagement d’urgence est une manoeuvre exceptionnelle qui ne doit être utilisée que pour soustraire une victime à un danger vital, réel, immédiat et non contrôlable. Elle peut être dangereuse pour une victime atteinte d’un traumatisme.

Dégagements d’urgence : points clés

- Les prises de la victime sont solides ;
- Le dégagement est le plus rapide possible, sans prise de risques de la part du sauveteur.


4.4 Devant l’impossibilité de supprimer le danger ou de dégager la victime :


• Alerter ou faire alerter les secours spécialisés (cf. partie 2 sur l’alerte) ;
• Assurer une surveillance permanente de la zone de danger où les risques non contrôlés persistent et empêcher toute personne de pénétrer dans cette zone jusqu'à l’arrivée des secours spécialisés.
Dans cette situation, le sauveteur doit en priorité assurer sa sécurité et celle des témoins en attendant l’arrivée des secours.

 

5. Cas particuliers


5.1 Protection d’un accident de la route


5.1.1 Si l’on est en voiture

• Allumer ses feux de détresse dès que l’on est en vue d’un accident et ralentir.
• Garer son véhicule, si possible après le lieu de l’accident, sur la bande d’arrêt d’urgence si elle existe.
• Veiller à faire descendre immédiatement tous les occupants de son véhicule et les mettre en sécurité sur le bas-côté, derrière les glissières de sécurité, si elles existent.

5.1.2 Dans tous les cas
• Baliser de part et d’autre de l’accident à 150 ou 200 m, pour éviter tout suraccident
(gilets de haute visibilité, triangle de pré-signalisation, lampe électrique, linge blanc, feux de détresse du véhicule…), avec l’aide de témoins éventuels (fig. 1.2).
• Interdire toute approche si un danger persiste (transport de matières dangereuses).
• Ne pas fumer et ne pas laisser fumer. En présence d’un feu naissant dans un compartiment moteur, utiliser un extincteur.
• Couper le contact des voitures accidentées, quand c’est possible.

 


FIG. 1.2 – Balisage d’un accident de la circulation de nuit

 

5.2 Protection dans d’autres situations

5.2.1 Risque toxique
• Pour pénétrer dans un local enfumé et non ventilé, retenir sa respiration. La durée de la manoeuvre de sauvetage ne doit pas excéder 30 secondes.

5.2.2 Risque d’incendie
• Pour pénétrer dans un local enfumé et non ventilé, se protéger au maximum avec ses vêtements, se couvrir le visage et les mains.

5.2.3 Risque d’explosion par fuite de gaz
• Ne pas provoquer d’étincelle (interrupteur, sonnerie, lampe de poche…).

5.2.4 Risque électrique
• Couper le courant avant de toucher la victime.

5.3 Protection des populations en cas d’alerte

5.3.1 Le signal national d’alerte
Le signal national d’alerte est émis par des sirènes. Il consiste en trois cycles successifs d’une durée de 1 minute et 41 secondes chacune et séparés par un intervalle de cinq secondes, d’un son modulé (montant et descendant).

Ce signal national d’alerte a volontairement ces caractéristiques pour qu’il ne soit pas confondu avec les signaux d’appel, en particulier des sapeurs-pompiers, beaucoup plus brefs. Il annonce un danger imminent (nuage toxique, tornade...).

 

 

Il faut immédiatement :
• Se mettre à l’abri en se rendant dans un local calfeutré: portes et fenêtres fermées;
• Ecouter la radio, réseau France Bleu ou, à défaut, une autre station de Radio France (France Info, France Inter,…), sur un poste alimenté par des piles, en ayant soin d’avoir des piles de réserve ou regarder la télévision (France 3) si le courant n’est pas interrompu. Dans les départements et collectivités d’outre-mer, écouter ou regarder les programmes du réseau France Outre-Mer (RFO).
• Ne pas aller chercher ses enfants à l’école.
• Ne pas fumer, éviter toute flamme ou étincelle et fermer le gaz (de ville, butane ou propane).
• Ne pas téléphoner pour ne pas encombrer le réseau qui doit rester libre pour les services de secours.
• S’assurer que l’entourage a reçu et exécuté ces consignes (par la suite, des consignes complémentaires peuvent être données par haut-parleur).

Lorsque le danger est écarté, le signal national de fin d’alerte consiste à un son continu d’une durée de 30 secondes :

 

5.3.2 Alertes particulières
Lorsqu’il existe des risques particuliers (chimique, radioactif...), des systèmes d’alerte adaptés existent pour prévenir les populations concernées.
Ces systèmes diffusent des signaux national d’alerte, à l’exception des dispositifs propres aux aménagements hydrauliques qui émettent des signaux spécifique d’alerte (type corne de brume).
La diffusion préventive des consignes à suivre en cas d’alerte est réalisée directement auprès de cette population.

 


6. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS